Vidéos «L’excision en Egypte aujourd’hui » – Conférence Sérénade Chafik/GAMS

Aujourd’hui, en Egypte, 94% des fillettes et des femmes sont excisées soit 3600 fillettes par jour.
Intervention lors de la journée international pour l’abolition de la mutilation génitale féminine du 04 février 2017 dans le cadre de la Conférence du GAMS.

Adoption définitive proposition de loi portant réforme de la prescription en matière pénale

Nous saluons l’adoption définitive par l’Assemblée Nationale aujourd’hui de la proposition de loi portant réforme de la prescription en matière pénale. La proposition de loi double les délais de prescription pour les victimes majeures des crimes de viol (passage de 10 à 20 ans) et des délits sexuels – harcèlement sexuel et agression sexuelle (passage de 3 à 6 ans).

Colloque/Formation 8 mars 2017 « Femmes dans la cité, prévention de la radicalisation »

 Les places étant limitées, les inscriptions sont désormais clôturées

Ce colloque s’inscrit dans le cadre de la journée internationale pour les droits des femmes et se tiendra à l’auditorium du  pavillon Carré de Baudouin,  121 Rue de Ménilmontant, 75020 Paris.

Inscription obligatoire (formulaire en bas de page)

Faisant l’objet de stratégies et de discours ciblés mis en œuvre à leur encontre par les islamistes, les femmes représentent près de 30 % d’une  population radicalisée qui augmente et rajeunit. La pressante nécessité de contrer ce phénomène est également celle de l’élaboration d’un diagnostic qui prenne à la fois en compte la situation de nos territoires et la dimension transnationale du phénomène. Il interroge également ce qui se passe au sein du territoire des familles – puisque l’on observe que le choix de basculer dans une radicalisation violente est majoritairement le fait de personnes ayant vécu et/ou perpétrer des violences intrafamiliales.


Cet état des lieux est indispensable pour espérer répondre à des questions urgentes. Comment aider les femmes et les jeunes-filles à devenir actrices de la prévention pour lutter contre l’extension de l’islamisme politique radical ? Comment contrer les stratégies et les discours ciblés des islamistes qui visent à essentialiser femmes et jeunes filles, à les cantonner à la sphère privée et à déliter le lien social ? Comment leur permettre de se réinscrire dans notre République, de se réapproprier ses valeurs, son histoire et sa culture et de les faire vivre en tant que citoyennes et actrices de notre cohésion sociale ? Comment favoriser leur exercice d’une citoyenneté pleine et entière, leur accès au droit et à la culture dans le respect des valeurs de la République ? Comment les accompagner pour le renforcement du lien social et contrecarrer les avancées de toute idéologie fondamentaliste qui aboutit au phénomène de radicalisation ?


Des politiques publiques sont déployées aussi bien au niveau local que national. Les responsables politique se sont en effet trouvés confrontés à l’urgence de formuler analyses et programmes de prise en charge constamment repensés et renouvelés. Pour que se déploient sur le terrain les réponses destinées à contrer les entreprises de radicalisation des recruteurs islamistes à l’encontre des femmes notamment. Le cadre en est notamment donné par la mesure 63 du Plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme publié le 09 mai dernier par le gouvernement. Cette mesure promeut la prise en compte particulière des femmes dans l’élaboration des contre-discours. Les acteurs de terrains mettent concrètement en œuvre cette politique et ont beaucoup à apporter tant par l’analyse des difficultés auxquelles ils se heurtent que par les solutions qu’ils identifient.

Programme

14h00 : accueil des participants

14h15 : Ouverture du Colloque par Frédérique Calandra – Maire du XXème arrondissement.

Réponses des acteurs au défi posé par les stratégies spécifiques déployées contre les femmes

14h40: Muriel Domenach, Secrétaire générale du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR) – « Radicalisation : Analyse et réponse de l’État »

15h05: Sabine Choquet – Chercheuse associée à l’Observatoire des radicalisations – « Femmes et radicalisation islamique, les moyens de prévention et de désengagement dans une perspective comparative entre plusieurs pays ».

15h25-15h35 : Échange avec la salle

Les ressources du droit aux besoins de protection, de promotion et d’accompagnement des femmes face aux stratégies islamistes

15h35 Clotide Lepetit – Avocate et Présidente de la Commission Egalité du Conseil National des Barreaux – « L’accompagnement juridique des femmes et des jeunes filles en situation de fragilité. Les problématiques de radicalisation et ce qu’elles peuvent engendrer».

16h05 Nawel Oumer – Avocate et Conseillère de Paris – « Les collectivités territoriales aux prises avec l’enjeu des femmes dans la Cité à l ‘heure de la progression du fondamentalisme et de l’islamisme ».

16h25-16h35 :Échange avec la salle

Femmes cibles des entrepreneurs en radicalisation – des territoires urbains aux territoires de l’intime

16h35 Muriel Salmona, Psychiatre, psychothérapeute, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie – « Violences intra-familiales, violences faites aux femmes et parcours de radicalisation »

17h05 Laetitia Nonone, Représentante du Conseil National des Villes (CNV) – L’enjeu des femmes dans le cadre de l’ « Avis prévention de la (des) radicalisation(s) » du CNV publié en juin 2016.

17h25-17h35 : Échange avec la salle

17h35 Jennifer Lempert, Co-fondatrice de l’association Les Dorine – Synthèse des débats et ouverture sur l’inscription d’une association dans la réponse à la problématique de la radicalisation.

17h55 : Clôture du colloque Hélène GeoffroySecrétaire d’État auprès du ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, chargée de la Ville (sous réserve de contraintes d’agenda) – Thème : Femmes dans la cité – une prise en compte dans le cadre de la politique publique de prévention de la radicalisation.

NB : Nous sommes encore en attente d’ultimes confirmations de la part de participants sollicités, ce programme est donc susceptible d’évoluer à la marge – y compris dans l’ordre des interventions.

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Modalités pratiques

– Ce colloque formation est gratuit. Pour les personnes inscrites et ayant signé la feuille de présence, une attestation sera envoyée pour permettre la validation de la formation.

– Inscription : Pour vous inscrire ou pour toute question, envoyez un mail à lesdorine@lesdorine.org

– Page internet du colloque (mise à jour régulièrement) :

https://lesdorine.org/2017/02/15/colloque-femmes-dans-la-cite-prevention-de-la-radicalisation-08-mars-2017-a-13-heures-30-auditorium-du-pavillon-carre-de-baudouin/

Communiqué – En solidarité avec Théo et sa famille et pour un appel au calme

Dans le contexte des manifestations qui émaillent le territoire et menacent de dégénérer en heurts rappelant ceux qui ont marqué le pays en 2005, l’association Les Dorine exprime toute sa solidarité à Théo et à sa famille ainsi qu’aux habitants de son quartier révoltés – comme le reste de la France – par le sort fait au jeune homme. Parce que nous avons confiance en nos institutions et en nos élus pour prendre la mesure de la crise que nous traversons et de la profondeur de la meurtrissure subie par le pays, nous appelons jeunes et moins jeunes au calme dans l’attente que justice passe. Nous serons attentives à ce qu’elle soit faite : il revient à l’État de châtier les auteurs du crime dont a été victime Théo avec d’autant plus d’exemplarité que les forces de l’ordre ne tiennent leur légitimité et leur autorisation de recourir à une violence contrôlée que pour protéger les citoyenNEs et l’Etat de droit. En aucun cas ils ne sont détenteurs d’un droit à user d’une violence arbitraire et démesurée à l’encontre de ceux que leur mission est de servir et de protéger – l’immense majorité de ceux qui s’engagent dans la Police ayant en partage l’esprit de service et le respect des valeurs et des lois de la République.

Participation à l’hommage du collectif #ToujoursParis aux victimes des attentats du 13 novembre 2015

Les commémorations sont importantes, elles gravent l’Histoire que traverse notre pays dans la mémoire collective. Elles  contribuent ainsi à la transmission générationnelle de l’Histoire, elles sont aussi l’occasion pour les citoyenNEs d’exprimer individuellement et collectivement nos principes, nos peines, nos colères face aux évènements tragiques et inadmissibles. Nous devenons ainsi des actrices et acteurs de l’Histoire de notre pays

Notre association Les Dorine a fait le choix de soutenir une initiative citoyenne, celle de #ToujoursParis ( http://toujoursparis.fr/ ) qui rassemble de jeunes citoyens constitués en collectif et ont organisé la cérémonie des lanternes sur le Canal Saint Martin

Nous les remercions vivement de nous avoir comptées parmi leurs bénévoles lors de cette initiative.

Nous exprimons toute notre solidarité avec les victimes des attentats perpétrés par DAECH qui ont eu lieu en France et ailleurs.

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Nous sommes tellement vivants, la France ne sera jamais pas à genoux

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Il y avait plus de 5000 lanternes bien plus que le nombre de victimes des attentats qui ont été perpétrés en France
Bravo aux organisateurs et merci pour l’accueil chaleureux qui a été fait aux bénévoles de l’évènement, au public et aux familles des victimes

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Crédits photos : Sophie Bélaïch, Sérénade Chafik, Jennifer Lempert.

Combattre l’islamisme sur tous les fronts

L’association Les Dorine est signataire de cette tribune publiée le 26/08/2016 dans Libération

Alors que depuis 2012 notre pays connaît une vague d’attentats sans précédent, pas un jour ne passe sans que l’un d’entre vous ne clame que «nous sommes en guerre». Pour répondre à l’inquiétude des citoyens, vous proposez des actions et des mesures souvent pertinentes, dont chacun peut légitimement se demander pourquoi elles n’ont pas été mises en œuvre plus tôt.

D’autres de vos idées sont plus contestables, si nous voulons conserver un cadre démocratique à notre République. Quelques-uns d’entre vous font même référence à Churchill («Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur») ou à Clemenceau («Politique intérieure ? Je fais la guerre. Politique étrangère ? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre»), mais peu semblent avoir la lucidité de l’analyse, la cohérence de l’action et la persistance du courage de ces illustres prédécesseurs.

Les «territoires perdus de la République»

Le prétendu Etat islamique et le jihadisme dans leurs formes actuelles seront militairement vaincus : c’est une question de temps et de moyens. Mais l’islamisme, qui est le terreau et le sas naturels du jihadisme, semble voué à prospérer. Refusant de séparer la religion de la politique, il travaille notre pays depuis des décennies, aboutissant à de véritables «territoires perdus de la République». Bien sûr, nous ne parlons pas ici de l’immense majorité de nos compatriotes musulmans vivant paisiblement leur foi (ou leur indifférence) dans leur sphère privée, mais d’un islam militant poursuivant un objectif politique.

L’islamisme, qu’il soit d’obédience wahhabite ou associé aux Frères musulmans, a le même projet stratégique de conquête que le jihadisme. Il n’en diffère que par la méthode pour gagner les esprits et les cœurs et implanter dans notre pays et d’autres en Europe un modèle politique et social à l’inverse absolu de notre démocratie occidentale. L’égalité hommes-femmes, la liberté d’expression (incluant le droit au blasphème), la laïcité, la protection des minorités, y compris sexuelles, une politique étrangère indépendante… voilà quelques-uns des marqueurs de notre modèle français et européen que veulent abattre les islamistes.

Les attentats terroristes sont certes condamnés par la plupart des institutions ou personnalités islamistes, d’abord parce qu’ils gênent leur stratégie «entriste» dans le tissu sociétal français, en créant la suspicion ou la répulsion envers l’islam. Mais depuis l’avènement des réseaux sociaux, le double discours de certains imams ou maîtres à penser médiatiques ne laisse plus place à l’illusion.

Pour arriver à ses fins, l’islamisme en France bénéficie de subsides et d’appuis matériels significatifs de l’Arabie saoudite et du Qatar. Ce soutien transite par des aides officielles, mais aussi par des fonds privés pour la construction de mosquées salafistes, des lieux d’enseignement, des organisations et des réseaux islamistes dans les universités comme dans les banlieues.

De la diffusion de la propagande islamiste

La prise de contrôle ou la participation dans de nombreuses entreprises françaises par des fonds issus de ces pays génèrent des bénéfices, contribuant à alimenter la diffusion de la propagande islamiste et les flux d’aide à leurs réseaux sur notre territoire. Ces contrôles d’entreprises françaises permettent aussi à ces Etats diffuseurs du salafisme d’augmenter leur visibilité et leur assise, comme l’a démontré le Qatar avec sa prise de contrôle économique et médiatique du PSG.

Le Qatar n’a cessé depuis quinze ans d’appeler au jihad. Son principal prêcheur, Youssef al-Qardaoui, est le fondateur et doyen de la première Université des études et sciences islamiques, établie au Qatar en 1977. Considéré comme le guide spirituel des Frères musulmans, il a été condamné à mort en Egypte. Son programme « Al-charia wa al-hayat » (la voie vers dieu et la vie), diffusé sur Al Jazeera, connaît une audience importante dans le monde. Voilà ce qu’il dit : «L’islam est entré deux fois en Europe, et deux fois l’a quittée… Peut-être que la prochaine conquête, avec la volonté d’Allah, se fera par la prédication et l’idéologie. Toute terre n’est pas obligatoirement conquise par l’épée… Nous voulons qu’une armée de prédicateurs et d’enseignants présente l’islam dans toutes les langues et tous les dialectes…»

Le Consortium Against Terrorist Finance nous apprend qu’en 2010, Al-Qardaoui était président du Conseil de surveillance de la charia de la Banque islamique du Qatar, l’un des plus importants établissements islamiques, qui entretient des relations controversées avec des organisations soupçonnées de financer le terrorisme au Moyen-Orient. Et Al-Qardaoui a coopté au sein de l’Union mondiale des savants musulmans le Suisse Tariq Ramadan, qui a demandé la naturalisation française pour jouer un rôle politique dans notre pays. Rappelons que Ramadan, petit-fils et adepte du fondateur des Frères musulmans, se vante de ne pas «être Charlie» et d’être «perquisitionnable»…

De son côté, l’Arabie saoudite est en passe de constituer le plus grand fond d’investissement dans le monde, après avoir cédé une partie de sa société d’exploitation pétrolière. Nul doute que de nombreuses entreprises en difficulté ou en quête de capitaux pour se développer seront tentées par cette nouvelle manne financière. Il n’est pas sûr que cela soit une bonne nouvelle pour notre pays.

Des niches fiscales accordées au Qatar

Au plus haut sommet de l’État, vous avez encouragé ces investissements, voire ces prises de contrôle. Vous avez même créé des niches fiscales pour les dispenser d’impôts, telle l’exonération des plus-values immobilières accordée en 2009 au Qatar, alors même que les institutions régaliennes du pays pour se défendre contre le terrorisme sont en mal de financement. Il serait fastidieux d’égrener la longue liste des sociétés françaises ainsi concernées, dans les médias, l’immobilier, le commerce ou le sport… Le Qatar n’a même pas caché sa volonté d’entrer dans le capital de deux sociétés stratégiques pour la défense nationale, EADS et Areva, sans succès heureusement. Pour le moment.

Dans toute guerre, la maîtrise de tous les attributs de la puissance est nécessaire pour vaincre un ennemi structuré. Vous pouvez frapper en Syrie, en Irak, au Mali, en République centrafricaine et en Libye. Vous pouvez renforcer nos services de renseignement et de sécurité intérieure. Mais vous devez aussi combattre politiquement l’islamisme en France. Vous devez fermer ses mosquées, expulser ses imams radicaux étrangers, tarir ses relais dans les quartiers, sanctionner ses réseaux sociaux et ses chaînes satellitaires, couper les sources de financement de l’islam politique. Sans quoi vous ne vous serez attaqués qu’à l’écume du terrorisme.

Investir dans les banlieues

Des efforts considérables seront nécessaires pour investir dans les banlieues et dans les quartiers en difficulté et reconquérir les zones abandonnées aux pègres et aux islamistes, où prospère aussi le Front national. Nul doute que se passer des «services» de puissances opulentes mais néfastes à la démocratie française impliquera des choix douloureux en matière économique…

Aurez-vous le courage de le dire aux Français, de désigner l’ennemi sous toutes ses facettes et surtout de mener cette guerre longue sur tous les fronts, y compris politique et économique ? Alors, et alors seulement, vous pourrez légitimement vous référer à Churchill ou à Clemenceau.

François Heilbronn professeur associé à Sciences Po , Jacky Mamou médecin, président du collectif Urgence Darfou , Jean-Michel Boisset journaliste , Sérénade Chafik militante féministe, co-porte-parole de l’association les Dorine

http://www.liberation.fr/debats/2016/08/26/combattre-l-islamisme-sur-tous-les-fronts_1474823

« La République laïque : toujours et pour toujours ? »

C’est l’une des premières phrases de son intervention lorsqu’on lui passe la parole : M. Tarek Oubrou, imam de Bordeaux, souligne que l’Islam a souffert trois siècles de persécutions. C’est sans doute vrai, mais dans le cadre de cette conférence titrée « La République laïque : toujours et pour toujours ? », le rappel fait un effet singulier. L’intervenant au Colloque Erignac est en effet placé, au cours de la table-ronde « les religions laïques dans la république française », entre deux personnes venues s’exprimer au nom de la religion juive d’une part et de la religion catholique d’autre part – toutes deux également marquées par des siècles de persécutions diverses et variées. M. Oubrou est pourtant le seul à rappeler l’oppression  dont ont incontestablement été victimes les fidèles de la religion qui est la sienne à travers le monde. Mais il ne rappelle pas que dans le cadre de la République laïque, cette oppression est levée – comme pour les religions juive et chrétienne -, ce qui ne signifie pas que la pratique de cette religion – pas plus que des deux religions précédemment citées -, fasse partout l’objet d’un traitement aussi équilibré qu’il serait souhaitable. M. Tarek Oubrou s’inscrit donc ici dans une tendance trop répandue chez certaines parties au débat qui est celle d’une victimisation systématique des pratiquants d’une religion – comme s’ils avaient vocation par essence à faire en France l’objet d’une oppression, comme s’ils ne se définissaient que comme musulmans et oppressés. Cette posture est malsaine et ne favorise pas un débat apaisé et suscite  la constitution de camps antagonistes entre lesquels d’inutiles et dangereuses rancœurs s’accumulent.

Une autre intervention qui a marqué ce colloque est celle de M. Henri Pena-Ruiz, présent en tant que grand témoin. Il rappelle d’emblée que la laïcité a permis sur le temps long l’émancipation de la loi civile des autorités patriarcales, plaçant le débat sur le terrain extrêmement sain de la défense des droits des femmes et des droits humains. Ces derniers, il le souligne, ne sont pas un produit « culturel » : il refuse la disqualification de leur caractère universaliste et rappelle qu’ils ont été conquis à rebours de la domination des forces oppressives.La laïcité est, telle qu’il la définit, le produit de la tradition des opprimés. Il était par ailleurs intéressant de l’entendre, au cours de sa démonstration, dénoncer la pratique de l’excision du clitoris comme typiquement oppressive. 

Rebondissant sur la mention du « patriarcat » faite par M. Pena-Ruiz et suite à la Table-ronde « les religions laïques dans la République Française », Mme Isabelle Gougenheim en interroge les intervenants sur la place des femmes dans les différentes religions représentées. Ces derniers sont plutôt d’accord pour reconnaître qu’il y a une marge de progression conséquente – quoique fort variable – sur le sujet. Ils confirment donc l’intérêt de soulever, comme l’a fait M. Henri Pena-Ruiz, la question du patriarcat dans le cadre d’un colloque portant sur la laïcité. On se souviendra en tout état de cause de la « maladresse » de M. Tareq Oubrou, Imam de Bordeaux, lorsqu’est arrivé son tour pour s’exprimer sur le sujet. A propos du voile porté par des femmes qui s’en font les promotrices, estimant en effet que l' »on ne peut libérer quelqu’un qui ne veut pas être libéré ». Cette sortie laisse songeuse et ressemble au dévoilement d’un léger fléchissement de l’honnêteté intellectuelle de son auteur.


Parmi les conclusions intéressantes que l’on pourra tirer de ce colloque, on pourra en tout état de cause retenir un rappel fait par M. Henri Pena-Ruiz : la France n’est pas si isolée qu’on le dit dans son approche de la laïcité. Benito Juarez et Thomas Jefferson font partie de ceux qui en ont exploré les possibilités avec volontarisme.

Jennifer Lempert

Le site du colloque : http://www.acphfmi.eu/index.php/fre

 

Après Nice, le refus de la déchirure et l’appel à la nécessaire solidarité

L’action terroriste dont la population a été victime à Nice a pris la forme d’un massacre indiscriminé dont l’horreur suscite dénonciations frénétiques et appels irraisonnés à des solutions de court terme relevant d’une pensée réactionnelle. Les Dorine rappelle que c’est unie et solidaire comme elle sait l’être que la population saura trouver les réponses à la stratégie de terreur déployée contre elle et ses institutions. Face à une menace qui se nourrit d’une idéologie politique qu’il faut combattre, ce sont des politiques de long terme qu’il faut conforter et déployer. Elles visent notamment à assurer une présence efficace et bienveillante des services de l’État dans les territoires où les entrepreneurs en radicalisation ont pris pieds et d’où il est nécessaire de les déloger. Ces politiques existent déjà pour certaines et ont besoin d’être renforcées. Elles ont pour objet de lutter contre ce qui fait le terreau de l’idéologie des mouvements terroristes tels que DAESH : les violences intrafamiliales, le sexisme et les résurgences du patriarcat mais aussi la ségrégation sociale, le virilisme, le repli communautaire, le recul culturel des valeurs universalistes, l’homophobie, l’antisémitisme et l’affaiblissement de la présence de l’État dans les territoires. La promotion et la défense des droits fondamentaux et de la démocratie doivent nous rassembler pour refuser la guerre civile dans laquelle les terroristes fantasment de nous faire sombrer. C’est à nous qu’il revient de leur refuser l’accomplissement de leurs désirs et de leur volonté mortifères.

Toute la rigueur républicaine contre l’islam radical

L’association Les Dorine est signataire de cette tribune publiée le 27/06/2016 dans Libération en soutien à l’essayiste Djemila Benhabib.

27 juin 2016 à 17:11

Refuser la stratégie de la peur et de l’intimidation, défendre le droit de critiquer les dogmes religieux, mettre en échec les guerres juridiques visant à bâillonner la libre parole, c’est ce que réaffirme le comité de soutien à l’essayiste Djemila Benhabib.

  • Toute la rigueur républicaine contre l’islam radical

Pierre angulaire de notre démocratie, la liberté d’expression et son corollaire, la liberté de critiquer, sont sérieusement remises en cause au nom d’une vision falsifiée de la lutte contre le racisme, qui assimile la critique de l’islam à une forme de racisme, en la qualifiant d’«islamophobie». Ce positionnement idéologique, qui relève de l’escroquerie sémantique, concourt à imposer l’idée que la liberté d’expression serait subordonnée aux diktats des religions en général et de l’islam en particulier.

A plusieurs reprises ces dernières années, les démocraties ont rappelé que la liberté d’expression était un droit inaliénable. Pourtant, aujourd’hui nombre de penseurs, d’intellectuels, d’écrivains, de journalistes et de militant(e)s féministes et laïques font l’objet de graves persécutions, voire de menaces de mort en raison de leur détermination à user de ce droit. Cette tendance prend une orientation dramatique s’agissant du monde dit musulman où la séparation des pouvoirs politiques, religieux et judiciaires est un enjeu fondamental qui oppose, à l’heure actuelle, des démocrates aux islamistes et aux régimes autoritaires ou dictatoriaux.

C’est le 14 février 1989, avec la publication du roman de Salman Rushdieles Versets sataniques, que l’opposition frontale à la liberté d’expression prend une tournure des plus terrifiantes en se transposant sur la scène européenne. L’ayatollah Khomeiny appelle tous les musulmans à tuer le romancier anglo-indien accusé de blasphème. Désormais, la stratégie des islamistes consiste à éliminer par tous les moyens leurs opposants. C’est dans ce contexte qu’il faut situer la condamnation à mort de Taslima Nasreen (1993), l’assassinat de Theo van Gogh (2004), les tentatives visant le caricaturiste danois Kurt Westergaard (2005), ainsi que la tuerie à Charlie Hebdo le 7 janvier 2015.

La légitimité de la mise à mort des esprits libres est clairement revendiquée par l’islam politique. Leur élimination est programmée et se joue sur plusieurs niveaux. Le terrain juridique en est un et il n’est pas des moindres. Des poursuites judiciaires sont désormais intentées contre des militants laïques et féministes sous de faux prétextes. Cette nouvelle stratégie qui s’apparente à une «guerre juridique», s’est visiblement mise en place, afin de museler quiconque use de sa liberté de parole pour critiquer l’islam radical et tester la résistance des «cibles» et des institutions. En France, le procès des caricatures de Charlie Hebdo en a préfiguré le terrifiant engrenage. Le procès contre la crèche Baby Loup a suivi, avec ses interminables rebondissements judiciaires dont la directrice, Natalia Baleato, est sortie victorieuse, mais au prix d’un long combat.

Au Québec, Djemila Benhabib, journaliste et essayiste bien connue pour son combat contre l’islam politique en est déjà à son deuxième procès. En 2012, elle est poursuivie par une mère musulmane qui lui reproche d’avoir publié sur son blog les photos de ses deux enfants prises lors d’un concours de récitation coranique organisé à la mosquée al-Rawdah, un fief des Frères musulmans. Or, ces mêmes photos étaient déjà publiées sur le site de ladite mosquée. Djemila Benhabib a gagné ce procès sans réel objet, mais on peut imaginer ce que cela représente de pression morale et financière. Le 26 septembre prochain s’ouvrira à Montréal, un autre procès qui l’oppose, cette fois-ci, à une école islamique pourtant financée par le ministère de l’Education et qui fait du port du voile islamique une obligation à partir de la troisième année (c’est-à-dire pour des fillettes de 9 ans). Au Royaume-Uni, la militante féministe Maryam Namazie, qui mène une lutte acharnée contre les tribunaux de la charia est confrontée à des lobbies organisés au sein des campus universitaires qui viennent perturber violemment ses conférences. Cet insupportable harcèlement consiste toujours à faire passer des militants(e)s laïques pour des racistes.

Ne nous trompons pas sur les véritables motivations des auteurs de ces attaques d’un type nouveau. D’abord, il s’agit de faire régner la peur pour empêcher toute expression critique envers l’islam ou contre la façon dévoyée dont certains veulent l’imposer à d’autres. Ensuite, il s’agit de mettre une pression démesurée sur les personnes visées, pour les épuiser psychologiquement et financièrement, les ostraciser et les éliminer du débat public. Bref, les décourager de continuer à s’exprimer publiquement. C’est pourquoi nous réaffirmons avec force que les démocrates du monde entier refusent la stratégie de la peur et de l’intimidation. Il ne saurait être question de renoncer à la liberté d’expression, pas plus qu’à l’universalité des droits humains et à ceux des femmes en particulier, qui ne doivent souffrir aucune contestation ni restriction au nom de préceptes religieux ou de prétextes culturels. A nous de rassembler nos forces pour nous donner les moyens d’agir collectivement. C’est le premier objectif du comité de soutien qui vient de se constituer.

http://djemilabenhabib.com/ je-soutiens-djemila

PREMIÈRES ASSOCIATIONS SIGNATAIRES :

Association pour la mixité, l’égalité et la laïcité (Amel), Assemblée des femmes, Clara Magazine, Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Coordination française pour le lobby européen des femmes (Clef), Comité Laïcité République, Egalité – Laïcité – Europe (Egale), Femmes pour le dire, Femmes pour agir, Femmes sans voile d’Aubervilliers, Femmes solidaires, Institut d’éthique contemporaine, Laïcité – Libertés, Libres MarianneS, Ligue du droit international des femmes, Marche mondiale des femmes – France, Ni putes ni soumises, Observatoire de la laïcité de Saint-Denis, Regards de femmes, Réseau féministe «Ruptures», Union des familles laïques (Ufal).

PREMIERS SIGNATAIRES INDIVIDUELS :

Waleed al-Husseini Blogueur, auteur, Elisabeth Badinter Philosophe, écrivaine, Gérard Biard Directeur de Charlie Hebdo, Danielle Bousquet Députée honoraire, Marika Bret DRH de Charlie Hebdo, Sérénade Chafik Militante féministe, Chahla Chafiq Sociologue, écrivaine, Nadia el-Fani Cinéaste, Caroline Fourest Journaliste, auteure, Pierre Gauthier Député au Parlement de Genève, Jean Glavany Ancien ministre, député ,des Hautes-Pyrénées, Shoukria Haidar Présidente de Negar – Soutien aux femmes d’Afghanistan, Marieme Helie Lucas Sociologue, fondatrice deSecularism is a Women’s Issue, Catherine Kintzler Philosophe, professeure émérite Lille-III, Françoise Laborde Sénatrice de Haute-Garonne, Guy Lengagne Ancien ministre, Corinne Lepage Ancienne ministre, présidente de CAP 21, Joseph Macé-Scaron Président du comité éditorial de Marianne, Laurence Marchand-Taillade Présidente de l’Observatoire de la laïcité du Val-d’Oise, Maryam NamaziéPorte-parole deOne Law for All, membre du Council of ex-muslims, Magali Orsini Députée au Parlement de Genève, Céline Pina Essayiste et militante laïque, Hubert Reeves Astrophysicien, auteur, Yvette Roudy Ancienne ministre, Boualem Sansal Ecrivain, Fatoumata Fathy Sidibé Eurodéputée, Mohammed Sifaoui Journaliste, Lisa-Marie Taylor Présidente de Feminism in London, Viviane Teitelbaum Eurodéputée, échevine, Fiammetta Venner Politologue, essayiste.

http://www.liberation.fr/debats/2016/06/27/toute-la-rigueur-republicaine-contre-l-islam-radical_1462405